Algérie: les chefs d'Etat depuis l'indépendance

Algérie: les chefs d'Etat depuis l'indépendance

Rédigé le 19/12/2019
AFP


Alger - Le nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui prête serment jeudi, succède à Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par un mouvement de contestation qui réclame le démantèlement de l'ensemble du "système" au pouvoir depuis l'indépendance en 1962.

Voici les chefs d'Etat de l'Algérie depuis l'indépendance du pays:

Un des pionniers du déclenchement de la guerre d'indépendance contre la France, Ben Bella est le premier président de l'Algérie indépendante.

Né le 25 décembre 1916 à Maghnia (ouest) dans une famille de paysans originaires du Maroc, il est l'un des chefs historiques initiateurs du Front de libération nationale (FLN).

Arrêté en 1956 dans un avion marocain contraint à atterrir à Alger par un avion de chasse de l'armée française, il est libéré après le cessez-le-feu en 1962.

Il est élu président en septembre 1963, lors d'une élection où il est le seul candidat, mais destitué moins de deux plus tard par son vice-président et ministre de la Défense Houari Boumédiène, qui l'avait aidé à prendre le pouvoir lors de luttes de clans à l'indépendance. Après 15 ans de prison, il est gracié en 1980. Il décède le 11 avril 2012.

Né le 23 août à Héliopolis, près de Guelma (est), il est responsable de l'état-major de l'armée des frontières durant la guerre d'indépendance. Il appuie Ben Bella avant de le destituer et de diriger le pays d'une main de fer, cumulant les fonctions de président du Conseil de la Révolution (chef de l'Etat), chef du gouvernement et ministre de la Défense.

En décembre 1976, après l'adoption d'une charte renforçant le rôle dirigeant du FLN, parti unique, Boumédiène est élu président. Il meurt le 28 décembre 1978.

Né le 14 avril 1929 à Bouteldja, dans l'Est algérien. Membre de l'état-major de l'armée des frontières, il rejoint le maquis constantinois dès le début de la Guerre de libération.

A la mort de Boumédiène, après un court intérim de Rabah Bitat, Chadli Bendjedid est choisi par l'armée comme candidat, unique, à la présidentielle en 1979. Il fait libérer Ben Bella, et autorise le retour d'opposants historiques.

Fin 1991, le 1er tour des premières législatives multipartites laisse entrevoir une majorité absolue du Front islamique du Salut (FIS).

Bendjedid démissionne début 1992 sous la pression de l'armée qui interrompt le processus électoral. Le pays plonge dans dix ans de guerre civile qui fera officiellement 200.000 morts. Il est décédé le 6 octobre 2012.

Né le 23 juin 1919 à M'sila (est). Responsable historique du mouvement nationaliste algérien, il entre en conflit avec Ben Bella en 1963 et s'exile au Maroc.

En janvier 1992, rappelé d'exil par l'armée qui vient d'interrompre les élections, il est nommé président d'un Haut comité d'Etat (HCE, présidence collégiale de cinq membres). Il est assassiné le 29 juin 1992.

Né en 1928 à El Harrouch, près de Skikda (est), il est colonel de l'Armée de libération nationale (ALN), branche militaire du FLN.

Président de l'Organisation nationale des Moudjahidine (anciens combattants), il succède à Boudiaf à la présidence du HCE jusqu'à la fin du mandat de l'institution, début 1994. Il décède le 16 avril 2013.

Né le 3 juillet 1941 à Batna (est), il est issu des rangs de l'ALN.

Choisi par le Haut conseil de sécurité (HCS, composé des principaux ministres et du chef d'état-major de l'armée) pour être le "président de l'Etat" pour une nouvelle période de transition, le général Zeroual organise en 1995 la première présidentielle pluraliste.

Il l'emporte haut la main, mais est contraint d'écourter son mandat et d'organiser une présidentielle anticipée en 1999, remportée par Abdelaziz Bouteflika.

Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc) d'une famille originaire de Tlemcen, dans l'Ouest algérien, il s'engage, dès 1956, dans l'ALN. Il dirige la diplomatie algérienne de 1963 à 1979. Ecarté du pouvoir après la mort de Boumédiène, dont il était proche, il entame en 1981 une traversée du désert de plusieurs années.

En 1999, candidat de l'armée, il est élu président après le retrait de ses adversaires qui dénoncent les conditions d'organisation du vote. En 2014, il est de nouveau réélu malgré les graves séquelles d'un AVC qui l'a laissé largement paralysé et aphasique.

En avril 2019, il est contraint à la démission par un mouvement ("Hirak") de contestation populaire en réaction à sa volonté de briguer un 5e mandat présidentiel.

Le 12 décembre, Abdelmadjid Tebboune, ex-Premier ministre de Bouteflika, remporte la présidentielle, mais il est aussitôt contesté par le "Hirak".